La lettre de motivation : la collection (3/8)

Mis à jour : août 12


Cet été, j'ai décidé de décliner le thème de la lettre de motivation, en 8 volets, un par semaine. Pour ce faire, je compile ici des articles que j'ai eu la joie d'écrire pour vous depuis 15 mois autour de ce document souvent mal compris, toujours craint et sur lequel une personne en quête d'un emploi passe, à mon sens, bien trop de temps.


Je vous souhaite un bel été, et de bonnes vacances si vous avez la chance de pouvoir en prendre.

Le saviez-vous ? 30% des embauches se font sur la base d'une candidature spontanée !

Un chiffre qui ne peut laisser indifférent. Certes, ce taux est à moduler : l'embauche immédiate n'est que trop rare. À notre époque, faute de pouvoir remplir aisément et régulièrement son carnet de commandes, un dirigeant n'est pas nécessairement dans l'attente d'une candidature, a fortiori la vôtre. Mais tout recruteur digne de ce nom compose un vivier de profils : à réception d'une candidature, il l'étudie comme s'il cherchait en effet à renforcer ses équipes ; parfois même, il rencontre le candidat. Ces démarches ne se traduiront sans doute pas par une embauche immédiate, mais, s'il juge le profil intéressant, l'employeur va l'ajouter au vivier, et en cas de besoin, le lendemain, la semaine ou le mois suivants, nul besoin pour lui de rechercher un collaborateur dans l'urgence, il n'aura qu'à piocher dans son vivier. D'où un gain de temps incroyable le moment venu, et surtout ce taux incroyable de 30%.


Si l'essentiel de la lettre de motivation dans le cas d'une candidature spontanée est semblable à celle venant en réponse à une offre clairement identifiée, elle possède néanmoins quelques spécificités. À vous de créer le besoin, et il vous faudra être performant différemment.


L'accroche de la lettre de motivation

Dans le cas de la candidature spontanée, c’est la partie principale de la lettre puisqu'elle représente les premières lignes que le recruteur lira. Et comme il n'attend rien de particulier, n'ayant pas de besoin précis en matière d'embauche, il les lira VRAIMENT. Dans cette partie, vous devez parler de l’entreprise et de son actualité en essayant de capter l’intérêt du lecteur, qui saura ainsi que vous vous adressez bien à lui. Cette introduction doit être positive pour l’entreprise. Vous devez donc, en amont, opérer des recherches sur elle, collecter des informations par tous moyens (internet, journaux, enquête de proximité). Si vous deviez recueillir des données négatives, sachez les garder pour vous. Petit bonus : si, au cours de vos investigations, vous arrivez à trouver le nom du dirigeant de l'entreprise ou de son Responsable des Ressources Humaines, intégrez-le dans vos formules de politesse (Monsieur X, Madame Y) afin de personnaliser davantage votre courrier.


Votre présentation

Ensuite, il s’agit de vous présenter. Ici, le recruteur doit être capable de commencer à vous cerner et, surtout, de comprendre ce que vous pourrez apporter à l’entreprise : pourquoi aurait-il besoin de vous? Développez donc votre CV : vos connaissances, vos compétences, vos capacités. Parlez également de vos qualités. Il vous faut être concis, ne reprenez pas tout votre CV, mais uniquement ce qui peut attirer l'attention du recruteur dans le cadre du job que vous visez. L'objectif de cette partie est de vous faire remarquer très positivement : citez des exemples de votre expérience, utilisez des chiffres pour donner plus de poids à vos exemples.


La fin de la lettre de motivation pour candidature spontanée

Enfin, il faut proposer une rencontre. Rappel : c''est vous qui êtes à l'initiative. Indéniablement, c'est l'impératif majeur d'une lettre de motivation en cas de candidature spontanée : ne terminez jamais sans donner une possibilité de suite. Proposez un rendez-vous en notant vos disponibilités, ou informez le recruteur que vous ferez suivre ce courrier d'un appel téléphonique dans l'optique d'une prise de rendez-vous. Au pire, vous pouvez aussi préciser, à la fin de votre lettre de motivation, que vous « restez disponible pour un entretien » et dans ce cas c’est le recruteur qui devra vous contacter ; mais cela reste une solution "passive", à éviter donc.



Voici 10 conseils ultimes qui feront que votre courrier, à défaut de vous donner immédiatement accès à un emploi (mais c'est tout le mal qu'on peut vous souhaiter !), ne finisse pas pour autant à la corbeille, ni dans la bannette du courrier en attente :

  1. La lettre rédigée via un traitement de texte (WORD par exemple) doit être privilégiée. Elle doit être imprimée sur un papier de bonne qualité. ​

  2. Adressez votre courrier à une personne précise. Faites donc des recherches, et en l'absence d'un nom, spécifiez un poste ("Responsable des RH" le plus généralement).​

  3. Soignez la forme de votre lettre, mettez-vous à la place du recruteur : un courrier aéré est plus agréable à lire.​

  4. Ne vous embarquez pas dans des formules compliquées, allez à l'essentiel dans un bon français.​

  5. Objectif zéro faute d'orthographe​ du début à la fin de la lettre, également -et surtout- dans le nom de votre interlocuteur.

  6. Mettez vos réalisations en évidence plutôt que vous-même.​

  7. Employez le futur pour ce que vous allez apporter à l'entreprise, et le présent pour parler de vos compétences ; n'utilisez ni conditionnel, ni phrases à la forme négative.​

  8. Énumérer, c'est bien, argumenter, c'est mieux.​

  9. Ne mentez pas.

  10. Relancez régulièrement ​votre interlocuteur, tous les 10 jours, soit par téléphone, soit en vous présentant

Notez enfin que ces recommandations peuvent tout à fait s'appliquer à la lettre de motivation standard, celle qui répond à une offre : par exemple, plus votre lettre sera personnalisée et positive pour l'entreprise, plus elle vous mettra en valeur et vous présentera comme une personne d'initiative, et plus vous aurez des chances de décrochez cet emploi.