Lettre de motivation : les accroches perdantes (et il y a des surprises)


On le sait, le meilleur moyen d'attirer l'attention de votre destinataire (pas seulement dans le domaine de la recherche d'emploi) est de réussir l'accroche de votre lettre, la phrase d'introduction. Plutôt que de vous donner une fois de plus une liste non exhaustive de "to-do" (les choses à faire), voici un inventaire de "not-to-do" (ce qu'il faut vous interdire de faire).

D'une manière générale, prenez garde à ne pas être dans l'excès. La preuve dans les quelques exemples (vécus) suivants : certains vous feront sourire, d'autres vont peut-être vous rappeler certaines de vos lettres...

  • « Vous cherchez un candidat dynamique, je suis celui qu’il vous faut » : ce n'est pas forcément éliminatoire, c'est juste inutile et ridicule. La frime n'est pas reçue comme un élément positif de votre personnalité. Laissez le recruteur s'apercevoir, au fil de votre lettre et des arguments que vous avancerez, que vous êtes le candidat idéal.

  • « Je me permets de vous adresser ma lettre de candidature » ou « Je recherche actuellement un emploi » : on se doute bien que vous ne rédigez pas une lettre de motivation pour réserver un court de tennis. Ce genre d'évidences alourdit votre courrier et vous risquez de perdre le lecteur dès la première phrase, ce qui est tout de même fort regrettable. Soyez plus direct et allez à l'essentiel.

  • « Je me réfaire à votre annonce » : une faute d'orthographe dans l'accroche ? Poubelle !

  • « Comme vous le verrez sur mon CV, j’ai une longue expérience dans le domaine » ou « Titulaire d’un master en commerce international, … » : introduire votre CV est inutile, le paraphraser est éliminatoire. La lettre de motivation doit apporter des éléments nouveaux au recruteur, que vous n'avez pas abordé ou développé dans le cadre du CV.

  • « Vous êtes une entreprise dont la réputation a traversé les frontières » : certes, il est de bon ton de montrer qu'on s'est renseigné sur l'entreprise, mais évitez ce genre de phrases creuses et inutiles. Au contraire, énoncez un fait précis de la vie de l'entreprise, non sans en avoir vérifié l'authenticité.

  • « Le travail le dimanche fait débat, mais je fais partie de la frange de la population qui y est favorable : vous pourrez compter sur moi » : sur une lettre de motivation, comme au repas dominical, il est des sujets à ne pas aborder, et notamment la politique !

  • « Entreprendre, c’est oser prendre des risques » : faites des recherches sur l'entreprise, plutôt que de chercher une accroche philosophique ! Un recruteur veut en apprendre davantage sur vous et votre personnalité, inutile donc de citer autrui.

  • « J'ai longtemps habité à 500 mètres de votre entreprise » ou « Mon épouse m'a quitté suite à un lourd différend » : votre vie intime n'intéresse pas (encore) l'entreprise que vous visez, recentrez donc votre propos sur le poste à pourvoir.

  • « Je n’ai pas de vraie ambition financière » : si, justement ! Bien sûr, il ne faut pas que vos prétentions salariales soient démesurées, renseignez-vous sur la grille de salaire généralement pratiquée pour un tel poste ; refuser de parler "argent" peut paraître équivoque : le recruteur peut avoir l'impression que vous êtes désespéré et prêt à prendre le premier job qui se présente, sans motivation.

  • « Par le truchement de ce courrier, j’ai l’honneur de venir solliciter votre bienveillance, et de bien vouloir considérer ma candidature » : trop, c'est trop.

Évidemment, cette liste n'est pas exhaustive. On n'insistera jamais assez sur la nécessité de rédiger des lettres de motivation courtes et argumentées. Ne vous perdez pas dans les détails, ni de la langue française (sauf l'orthographe et la syntaxe !), ni de votre vie : ce qui intéresse l'employeur est de savoir ce que vous allez lui apporter, et pourquoi il doit vous choisir, vous.

#emploi #lettredemotivation #CV #courrier #coaching #orthographe