Vers la fin de la lettre de motivation (1/3)


Il y a quelques semaines, nous avions étudié, dans les colonnes du blog, comment améliorer le fond et la forme d'une lettre de motivation. Mais, pour être tout à fait honnête, ce support, qui permet à un recruteur de faire la différence entre deux candidatures qu'il aura retenues via le CV, est en pleine évolution. Et si on ne peut pas, pour le moment, parler de Révolution, il s'agit à n'en point douter d'une profonde mutation.

La lettre de motivation est un bel outil : elle nous permet d’expliquer pourquoi nous avons besoin de travailler (sinon "pour vivre", mais cela ne suffit pas pour faire la différence), mais surtout pourquoi nous nous adressons à telle entreprise et postulons à tel poste et pas un autre. Bien sûr, de nos jours, il n'y a pas de "choix" à proprement parler, celui-ci est généralement imposé par la rareté de l'offre. Et donc, dans la majorité des cas, on ne "choisit" pas de postuler ici ou là, c'est un "choix" par défaut.

Lorsque l’on observe les mécanismes du recrutement en entreprise, nombreuses sont les certitudes qui sont remises en question. Ainsi, de nombreux candidats postulent désormais sans lettre de motivation, quand bien même la mention «Lettre de motivation obligatoire» accompagne l’offre ; les recruteurs eux-mêmes évoluent sur la question de savoir s'il faut arrêter d'exiger des candidats qu'ils accompagnent leur CV d'une lettre de motivation, avançant que, peut-être, celle-ci "ne servirait à rien".

En effet, d’un outil de différenciation, la lettre de motivation est devenue une sorte de document administratif de plus, auquel de nombreux recruteurs ne donnent qu’un bref coup d’œil pour contrôler l'orthographe et détecter, via la présence de mots-clés, si la personne qui postule peut avoir sa place dans l'entreprise. Du point de vue du candidat, elle devient donc plutôt un piège et permet davantage d’éliminer que de sélectionner.

Alors, la faute à qui ? Sans aucun doute aux candidats, qui, depuis quelques années maintenant, utilisent des services en ligne diffusant des lettres standardisées, et qu'ils adaptent tout juste. De même, uniforme dans le fond, la lettre de motivation l’est également dans la structure, traditionnellement bâtie autour des trois parties «vous, moi et nous» (nous-mêmes avions insisté autour de cette construction dans nos articles précédents, vous conseillant de l'adopter). Insipide car trop normalisée, sans intérêt : la lettre de motivation est devenue un robinet d'où s'écoule un flux d'informations sans saveur, sans relief.

Finalement, la lettre de motivation serait donc lue au mieux juste avant l’entretien (donc plus vraiment utile pour accéder à cette étape), parfois "par curiosité" pour renforcer ses certitudes quant aux choix faits sur les CV, mais plus généralement "jamais".

La semaine prochaine : la lettre de motivation supplantée par les réseaux sociaux.

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